DÉCLARATIONS DE CIRCONSTANCE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ALLIANCE DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS ET DE L’ENVIRONNEMENT AU TCHAD-ADHET
ABBA DAOUD NANDJEDE
Mesdames et Messieurs les Journalistes, cher(e)s concitoyens et concitoyennes, dans quelques heures et très précisément demain, 05 juin 2021, le Tchad à l’instar d’autres nations célébrera la Journée mondiale de l’environnement. Ainsi, le 05 juin est une journée phare et unique des Nations unies pour la promotion de la sensibilisation et de l’action agissante en faveur de l’environnement. Cette journée, de par sa portée et sa nature, est devenue la plateforme mondiale de sensibilisation où tout acteur soucieux de l’environnement se consacre pour donner de sa journée à la mère nourricière et protectrice qu’est l’environnement.
Mesdames et Messieurs et Journalises, cher(e)s concitoyens et concitoyennes, l’édition 2021 que nous célébrons cette année a pour thème la « Restauration des écosystèmes ». Ce thème combien évocateur sied pleinement à la situation de notre pays qui aujourd’hui est confronté à une dégradation la plus monstrueuse des écosystèmes qu’il n’ait jamais connu ces dix dernières années. Laquelle dégradation est marquée par l’abattage massif et quasi industriel des arbres en plus de la récurrence accélérée du phénomène de feu de brousse avec son corolaire de décapage systématique du couvert végétal. Et n’eut été la mesure audacieuse et salutaire de l’interdiction de la coupe du bois suivie la subvention du prix du gaz domestique par les plus hautes autorités de la république, la situation du Tchad serait aujourd’hui au niveau critique. D’ailleurs, c’est ce qui témoigne de la dérégulation climatique de deux dernières années avec des grandes inondations qui entrainent des catastrophes humaines dont certains ignorent et s’étonnent de l’origine. Pourtant, c’est un phénomène lié aux activités anthropiques.
Mesdames et Messieurs les Journalistes, cher(e)s concitoyens et concitoyennes, cette journée qui coïncide avec le lancement officiel de la Décennie des Nations unies 2021-30 pour la restauration des écosystèmes, concerne au premier chef, l’humanisation de notre comportement et de notre relation avec la nature. Nous devrions revisiter notre comportement et notre agir vis-à-vis de la nature. Comme restaurer signifie dans sa forme première, Rétablir dans sa forme première ou du moins Remettre en bon état, la restauration des écosystèmes consiste dans ce cas précis à prévenir, à stopper et à inverser les dommages qu’a subi l’environnement depuis quelques années à l’effet de passer d’une exploitation sauvage de la nature qui a été soumise et dominée à sa guérison pleine et entière en cette année 2021.
A cet effet, pour notre pays qui est confronté durement aux défis du changement climatique, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement PNUE nous invite en urgence à prévenir, arrêter et inverser la dégradation des écosystèmes aujourd’hui légion chez nous. Dans la mesure où, il suffit de prendre pour le cas de la ville de N’Djamena pour s’en convaincre. N’Djamena qui naguère était une ville ombrageuse à l’exemple des belles avenues bordées de grands arbres ombrageux tout le long de l’Avenue Mobutu et celle menant vers Farcha est devenue complètement une ville dénudée où l’atmosphère devient de plus en plus suffocante. Même il n’y a pas longtemps, la Mairie de la Ville de N’Djamena, qui dans sa responsabilité gère le violet environnement s’est mis à abattre systématiquement les arbres comme si les arbres sont ennemis de l’homme, ou empêche l’aménagement du territoire, chose inexplicable et incompréhensible. Comment voulez-vous qu’avec de tels comportements, les citoyens suivent et respectent les lois quand ceux qui sont censés respecter les lois en premier les piétinent ?
Mesdames et Messieurs les Journalistes, cher(e)s concitoyens et concitoyennes, en mettant à contribution la décentralisation, nous invitons le gouvernement à entreprendre des actions ambitieuses de reboisement et de restauration des forêts dans les provinces où à cet instant précis, même les aires protégées sont prises d’assaut par les nouveaux éleveurs et nouveaux agriculteurs qui en font leur lieu de résidence permanente. Et pour la Ville de N’Djamena, a-t-on déjà oublié la Ceinture verte, l’une des plus grandes œuvres du Maréchal du Tchad où y a quelques années, celle-ci a été mise sous les feux des projecteurs ? Par voie de conséquence, le ministère en charge de l’Environnement doit sortir de l’affairisme et de son immobilisme actuel pour revitaliser ce projet combien important pour la vie urbaine en termes de puits de séquestration des gaz à effets de serre. Cette œuvre du Maréchal du Tchad ne doit pas dépérir et le ministère se doit de tout mettre en œuvre pour agrandir la ceinture verte et la protéger pour l’histoire environnementale du Tchad. Cette action doit se poursuivre par la plantation d’arbres dans et en dehors des zones urbaines, notamment dans les écoles, et lycées, administrations publiques et privées, etc. c’est pourquoi, nous appelons le ministère de l’Environnement en partenariat avec les institutions internationales en charge de l’environnement à mettre sur pied un fonds incitatif dénommé Fonds National de Restauration des Écosystèmes (FNRE) à l’effet d’encourager et de soutenir les initiatives de restauration sur le plan national et d’arriver à bout de la crise climatique. Car, investir dans les écosystèmes, c’est investir dans notre avenir et garantir celui de la génération future.
Je vous remercie

